Pour échapper à la réalité pénible d’une enfance où nous avions parfois l’impression que les choses seraient plus simples si nous n’existions pas, nous avons inventé une variété presque infinie de techniques de diversion. Devenus adultes, nous continuons à recourir à ces techniques qui se divisent en deux groupes, celles où l’excitation domine et celles où c’est la dépression qui l’emporte. Dans le premier cas, c’est comme si nous avions en nous une fabrique clandestine de stimulant qui nous propulse d’une aventure à l’autre, d’un projet à l’autre. Il faut vivre pleinement, pensons-nous, mieux vaut mourir dans le feu de l’action que de s’éteindre dans ses pantoufles. Pour d’autres, c’est tout le contraire, le quotidien baigne dans la mélancolie, la déprime, et toute excursion vers des activités menaçant cette routine est de courte durée. A quoi bon essayer, pensent-ils, mieux vaut rester tranquilles pour éviter la déception et l’échec.
Excitation et dépression sont deux techniques d’évasion de la réalité qui nous sont dictées par les forces inconscientes de nos émotions refoulées. Un des objectifs de notre rétablissement est de retrouver la liberté d’effectuer des choix conscients en apprenant à accepter, à chaque instant et dans chaque situation, la part d’inconnu qui s’offre à nous. Par l’exercice du choix, nous pouvons contribuer à façonner notre destinée plutôt que de prendre refuge dans notre asile préféré. La sérénité est le sentiment de liberté et de paix qui remplace l’excitation ou la dépression lorsque nous quittons leur asile.
Aujourd’hui, je quitte mon asile préféré.
Résonance
Si cette feuille a fait naître en vous une pensée, une émotion ou un écho, vous pouvez la déposer ici, simplement. Cet espace n’est pas un lieu de débat, mais un lieu de partage discret et respectueux.