Trente et un janvier

Si la gratitude et la patience étaient deux montures, je me servirais indifféremment de l’une ou de l’autre pour arriver au succès de mes entreprises
—Omar Ibn Al-Khattab 

  Il est peu probable qu’un marathonien, un coureur des bois, un alpiniste ou un explorateur à qui l’on demanderait ses impressions au beau milieu de la phase la plus pénible de son effort, fasse un discours sur la gratitude. Il nous dirait sans doute avoir l’esprit fixé sur l’obstacle à vaincre, ressentir parfois certains doutes quant au bien-fondé de son aventure, ou il citerait la patience comme étant la vertu qui l’emmènera vers la victoire. Retrouvons-le quelques heures après la fin heureuse de son entreprise: il exulte de joie et les obstacles surmontés sont devenus des points saillants qui contribuent à lui faire savourer la victoire.

   Le toxicomane rétabli exprimant sa gratitude envers une maladie qui lui a pourtant causé tant de souffrance ressemble à un vainqueur d’obstacles savourant la joie de la victoire. En s’immergeant dans la sagesse de l’entraide, il a surmonté les obstacles que ses propres comportements compulsifs mettaient sur le chemin de sa liberté. Patience et gratitude sont les antidotes de l’impulsivité et du ressentiment, deux montures qui l’avaient presque conduit à sa perte.

Aujourd’hui, je suis en selle sur des montures qui m’emmènent vers le succès.

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