Deux septembre

Quand la pitié commence, l’amour finit.

—  Maurice Toesca

   Si nous confondons souvent amour et pitié, c’est que les mobiles qui les distinguent sont généralement invisibles. Prenons l’exemple de ceux d’entre nous qui se spécialisent dans le sauvetage des individus ou des animaux dans le besoin. Si nos sentiments bienveillants sont motivés par une transposition de notre abandon et de notre besoin d’être secourus, nous posons certes des gestes utiles et qu’on ne saurait condamner, mais qui ne contribuent en nous qu’à un statu quo émotif. La pitié, en nécessitant l’existence d’une maladie ou d’une infirmité, est une manipulation et non un don. Elle tend aussi à placer l’autre dans un rôle inférieur.

   Notre programme nous rappelle constamment de nous assurer de la clarté de nos mobiles et de nos priorités. L’amour est une énergie que nous donnons et recevons librement. Les gestes qui ressemblent à ceux de l’amour, mais dont les mobiles sont de contenir nos émotions refoulées plutôt que de libérer, ne sont pas conformes à la maxime “aime ton prochain comme toi-même”. La pitié, sosie de la compassion, n’en comporte pas l’énergie régénératrice et il est bon de se souvenir que tous les gestes posés par pitié pourraient aussi bien l’être par amour.

Aujourd’hui, je fais la différence entre pitié et amour.

Résonance

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