Trois septembre

La solitude conserve neuf.

—  Paul Léautaud

   Mal dans notre peau, il est compréhensible que nous évitions la solitude comme la peste. Nous évitons aussi les disciplines, même collectives, qui pourraient nous mettre en contact avec nous-mêmes, la relaxation, le yoga, la méditation, ou nous y succombons à un sommeil rapide. Il faut que la perspective d’un face-à-face intérieur nous paraisse bien effrayante pour que nous nous endormions ainsi devant la porte de notre âme. C’est seulement en nous armant de patience et en adoptant une discipline soutenue que nous nous réconcilions avec la véritable solitude. Nous avons fréquemment besoin de remonter à la source de notre être pour y renouer avec notre réalité profonde, loin de la turbulence des interactions quotidiennes où nous ne communiquons presque toujours que par approximation. Le vieillissement spirituel nous guette si nous perdons contact avec l’Esprit en nous.

   Notre programme spirituel comporte sa part de solitude. La réflexion matinale qui permet d’aborder la journée avec intégrité, les moments de retrait physique ou mental lorsque le tumulte quotidien bat son plein et le recueillement épurateur du soir sont autant de façons de rester neuf en demeurant dans le courant principal de la vie. De bien modestes moyens, pour un résultat qu’aucun trésor ne saurait égaler.

Aujourd’hui, je reste neuf.

Résonance

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