Nous avons parfois rêvé de la relation idéale où il n’y aurait jamais besoin de défenses, tout comme nous avons rêvé d’un monde où il ne serait jamais nécessaire de fermer nos portes à clé. En réalité, la plupart d’entre nous fermons nos portes à clé et ne laissons pas le chat seul dans la cuisine avec les tranches de saumon frais que nous avons sorties pour le souper.
L’intimité, tant avec soi-même qu’avec les autres, est un espace sacré qui requiert une certaine protection. Ceux et celles d’entre nous qui ont connu la profanation de leur intégrité par les troubles compulsifs ou les chocs émotifs violents en savent quelque chose. En nous rétablissant, nous nous dotons de toute l’intimité dont nous avons besoin pour grandir et, si cela implique un système de défense, jamais plus juste cause n’aura été défendue. L’essentiel est que les défenses ne soient pas des obstacles à la croissance comme le sont les compulsions. Lorsque la jeune pousse de notre identité a pris racine et exploré ses premières saisons, le temps vient d’abaisser progressivement nos défenses. Nous pouvons nous inspirer à cet égard du dialogue du petit prince de Saint-Exupéry avec le renard qui lui demande de l’apprivoiser :
« Que faut-il faire ? dit le petit prince. — Il faut être très patient, répondit le renard. »
Résonance
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