Humilité et liberté sont presque synonymes. Nous avons souvent grandi dans des milieux où l’on confondait humilité et humiliation, si bien que ce qui, aujourd’hui, est reconnu comme de l’abus passait à l’époque — et passe toujours, dans certains milieux — pour de la fermeté, voire de la pédagogie. On nous punissait « pour notre bien » en nous disant qu’un jour nous en serions reconnaissants. L’humiliation ne rend pas davantage humble que le pétrole lampant ne sert à éteindre les incendies. Certains traits de caractère égocentriques prennent, au contraire, de l’ampleur sous la férule de l’humiliation afin d’aider l’être dévalorisé à survivre. Les rôles adultes de « martyr » ou de « bonne pâte », de « perfectionniste » ou de « garde-malade » procurent une identité de remplacement à ceux qui souffrent trop dans leur peau humiliée.
Être humble, ce n’est pas être amputé d’une juste estime de soi, c’est être libre d’interagir d’une manière spontanée avec les autres, à partir d’un centre psychique confortable et sans que l’objectif de l’interaction soit d’en retirer un avantage personnel. La pratique de l’entraide requiert de l’humilité et est une école d’humilité. Les trois mots clés — détachement, sérénité et humilité — sont presque synonymes en ce qu’ils affirment une acceptation de la réalité, sans mouvement de résistance ou de domination. Ils caractérisent l’état de celui qui est lui-même, intensément, profondément, complètement, un point, c’est tout.
Aujourd’hui, je suis humble et j’en suis fier.
Résonance
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Anonyme
La lecture de cette page m'a rappelé une citation que je trouve très éclairante au sujet de l'authentique humilité : « La personne véritablement humble ne connaît pas l'humiliation, elle ne peut être humiliée ou se sentir humiliée, car pour elle les notions de rang et de prestige, de mérite ou démérite personnels, n'ont aucun sens.[...]
Il est bon, à ce propos, de prendre conscience du culte contemporain des échelles et, par le fait même, de l'influence inconsciente que ce culte peut avoir sur nous. »
(Helen Luke, Old Age, Journey into Simplicity, N.Y.: Parabola Books, 1987, p. 105). Une saine pratique de l'anonymat, par exemple dans les gestes de bonté gratuits et anonymes, est un merveilleuse école d'humilité.
Le Chimiste
Apprendre à désapprendre, et adopter le point de vue du débutant nous enseigne le Tao Te Ching. Se débarasser de nos conditionnements, se débarrasser du superflu pour laisser la place à ce qui compte vraiment.
Notre société tend à glorifier le toujours plus, alors qu'il s'agit sans doute de se libérer du superflu pour laisser la place à ce qui compte vraiment.
Dans la pratique du point de vue du débutant se cache à mon sens - le dépassement de ses peurs car chaque jour nous oblige à un saut dans l'iconnu puisque nous débutons. De là grandit la confiance et l'estime de soi. Chaque jour est alors un jour sans fin où l'on peut apprécier les petites choses que la vie met sur notre chemin, pratiquer la gratitude, et remercier la VIE de nous offrir la possibilité de les vivre. Enfin dans l'oeil du débutant, il n'y pas d'expérience donc de passé. Et pas de crainte du futur car chaque jour est un renouvellement.
Il n'y a qu'aujourd'hui et maintenant, chaque jour.