Lorsqu’on demande aux membres d’un groupe d’enfants d’alcooliques à l’âge adulte d’énoncer chacun la qualité principale qu’ils se reconnaissent, le silence qui suit en dit long sur la façon dont ils se jugent. Qu’on leur demande la liste des jugements critiques qui leur trottent dans la tête et ils seront beaucoup plus bavards.
“Tu peux faire mieux”, “C’est de ta faute”, “Tu n’es bon à rien”, “Tu as réussi parce que tu as eu de la chance”, “Si on savait vraiment qui tu es…”, “Tu n’as pas vraiment besoin de cela…”, “C’est bon pour les autres, pas pour toi”, “Tu es laid”, “Tu n’es pas vraiment intelligent”, “Tu es bête comme tes pieds”, “Tu vas déranger”, “Fais donc attention”, “Tais-toi et attends dans ton coin qu’on ait besoin de toi”, “Tu vas mal finir”… et la liste critique n’en finit pas. Nous
prétendons avoir quitté depuis longtemps le milieu où nous avons grandi alors que nos messages d’autodépréciation sont la preuve du contraire.
La prise de conscience des messages intériorisés n’est pas suffisante pour les effacer. La lecture de formules d’affirmation de soi et leur mise en pratique sont des techniques utilisées avec succès par un nombre croissant d’adultes en cours de rétablissement. “J’ai de la valeur, en tant que personne”, “J’ai réussi, je mérite des félicitations”, “J’ai échoué, cela arrive à tout le monde, j’ai le mérite d’avoir essayé”, “J’ai bien mérité un cadeau”, “Je fais des erreurs mais je ne suis pas une erreur”, “J’ai besoin de repos et j’y ai droit”, “J’ai besoin de prendre soin de moi.” Ces affirmations servent d’antidotes aux jugements acerbes que nous portons en nous.
Joignant le geste à la parole, nous choisissons quotidiennement les attitudes qui affirment notre santé physique, psychique et spirituelle. Si nous ne sommes notre meilleur allié, qui le sera?
Résonance
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