Vingt-huit février

La célébration est l’attitude vers laquelle tend toute l’activité humaine. Le plus grand art est de savoir remercier.
—Jacques de Bourbon Busset
   Lorsque nous sommes arrivés à nos premières réunions d’entraide, nous n’avons pas vu d’un très bon oeil ceux qui y parlaient de gratitude. Comment, pensions-nous, peut-on avoir l’impudence de parler de gratitude lorsque l’on est amené à de telles réunions par le désespoir? Mois après mois ces discours optimistes nous ont fait remettre en question notre désir d’appartenir plus longtemps à de telles assemblées. “Moi, dire merci à la vie pour le sort qu’elle m’a réservé: jamais.” Et pourtant, nous n’étions pas sans remarquer un côté bien attrayant à ces orateurs. Était-ce la paix qui semblait rayonner autour d’eux? Était-ce le fait qu’ils semblaient presque indifférents aux tourments qui nous déchiraient encore? Était-ce le courage qu’ils avaient de parler devant les autres?

   Petit à petit, nous avons apprivoisé la gratitude, à moins que nous n’ayons été apprivoisés par elle. Notre vie a alors connu un grand soulagement. Nos faiblesses se sont changées en atouts et nos peines en richesses. Notre passé au complet est devenu, sous l’effet de la gratitude, un tremplin vers la sérénité. L’acceptation de ce que nous ne pouvons changer est une porte de liberté qui se franchit en sachant dire merci.

Aujourd’hui, je manifeste ma gratitude.

Résonance

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