Nous nous accrochons à bien des traits de caractère comme s’il s’agissait de parapluies pendant l’averse. Malheureusement, dans la plupart des cas, ils sont inadaptés aux circonstances actuelles et source de conflits plus que de protection. Prenons la colère. Il est certain que devant la colère exprimée de façon violente, ne serait-ce que par un ton de voix menaçant, beaucoup se sentent intimidés, ce qui n’est pas sans plaire au colérique s’il dissimule ainsi une certaine peur des autres. Le stratagème fonctionne tellement bien que nous oublions temporairement nos propres angoisses, mais payons cette pratique du prix tragiquement élevé d’un isolement croissant. La honte toxique et la dépréciation de soi ne font que s’amplifier si nous nous retranchons dans le silence qu’elles nous dictent ou dans la dépendance affective par laquelle nous tentons de leur échapper. Comme la souffrance physique, les conflits réprimés exigent que nous ayons recours à des doses de plus en plus fortes d’activités anesthésiantes si nous voulons éviter la dépression. Nous nous cramponnons donc à nos activités de compensation comme s’il s’agissait de parapluies sous l’averse.
Lâcher prise est un des termes les plus utilisés dans notre programme de rétablissement. Il se retrouve avec une égale intensité dans la sagesse bouddhique, dans les textes sacrés de l’hindouisme et du taoïsme et dans la plupart des grandes traditions spirituelles de l’humanité. D’où qu’elle nous parvienne, nous faisons bien d’écouter la suggestion de lâcher prise, car elle nous permet de nous engager les mains libres sur les chemins de notre destinée.
Résonance
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