À moins d’un handicap, nous apprenons en quelques années à maîtriser notre langue maternelle, aussi complexe soit-elle. Nous adoptons aussi sans points de référence les habitudes physiques et mentales de notre entourage. Hygiène, diète, postures, idéologies, connaissances, tout nous est offert dans un contexte familial, social ou scolaire fondé sur des habitudes, règlements, traditions, lois ou dogmes. Nous sommes ainsi devenus francophones, fins gourmets ou gloutons, religieux ou non, sociables ou non, amateurs ou non de lecture, de voyages, de pêche à la ligne ou de football.
Plus méconnu que la langue ou que les habitudes visibles qui prévalaient dans l’environnement de notre enfance, le langage affectif qui s’y pratiquait nous a servi de modèle : la joie, la douleur, l’affection, la peur et toutes les nuances émotionnelles dont peut vibrer le coeur de l’homme, étaient exprimées ou réprimées par les adultes qui nous ont servi d’exemple. “Un grand garçon ne pleure pas!” et “C’est très laid une petite fille en colère!” faisaient peut-être partie des messages que nous avons retenus. Ces clichés n’étaient que les sommets de l’iceberg d’un analphabétisme affectif profond véhiculé à travers des générations. La solution, si nous en souffrons aujourd’hui, est de nous immerger dans des milieux où se parle le merveilleux langage des émotions. La grammaire s’apprend peut-être dans les livres, mais lorsqu’il s’agit de parler une langue, rien ne vaut la pratique quotidienne, l’écoute des nuances et le risque des premiers balbutiements.
Aujourd’hui, j’apprends à parler le langage de la vie.
Résonance
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