Depuis la nuit des temps, les humains scrutent l’immensité et les mystères de l’univers. Nous observons et répertorions toute lumière brillant au firmament et faisons des astres les repères de notre navigation sur terre et les jalons de notre exploration du cosmos. Il existe aussi en nous une lumière que beaucoup ont mis en veilleuse pendant une enfance où on ne lui permettait pas de briller. Nous en sommes souvent venus à nous méfier de la clarté et de la spontanéité, en particulier dans le domaine des émotions. Nous redoutons ces dernières car elles nous rendent vulnérables et nous exposent aux représailles de ceux qui ont déclaré un couvre-feu des âmes. Ceux qui, durant la guerre, ont connu les années noires de l’occupation se servaient de lampes sourdes et tamisaient les fenêtres. Comme eux, nous avons appris à vivre nos émotions dans la clandestinité.
Ayant pris conscience, bien des années plus tard, que le couvre-feu n’était plus en vigueur, nos yeux habitués à l’obscurité ont encore du mal à supporter la lumière. Un jour à la fois, nous apprenons à briller de tout l’éclat de notre être intérieur. Le boisseau où nous avions enfoui notre lampe lui sert désormais de support. Au firmament de l’humanité, notre étoile s’est enfin rallumée. La navigation des hommes devient plus facile chaque fois que se ranime la flamme d’une seule vie.
Aujourd’hui, je laisse briller ma lumière.
Résonance
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