Trois mai

Le bonheur arrive quand notre montre psychique est à l’heure.

—  D. L.

   Nous investissons souvent l’essentiel de nos ressources matérielles et morales à la recherche du bonheur. Les uns jouent à la loterie ou aux jeux d’argent, espérant gagner la fortune qui résoudra tous leurs problèmes, d’autres recherchent le partenaire idéal, d’autres encore se résignent à une vision pessimiste de la vie, se contentant du compte à rebours de la prochaine catastrophe.
“Le bonheur ce n’est pas grand-chose, c’est du chagrin qui se repose…” dit la chanson.
   Notre grand projet de recherche du bonheur prend une tournure bien différente lorsque nous découvrons qu’il nous est possible de nous aimer tels que nous sommes dans l’atmosphère révélatrice de nos groupes d’entraide.
Plutôt que de nous obstiner à rechercher un bonheur extérieur qui nous échappe sans cesse, nous apprenons à nous poser les questions qui stimulent la prise de conscience de notre réalité intérieure. “Qui suis-je?” “Comment puis-je sortir du cercle vicieux de mes comportements compulsifs?”
“Quelle est la différence entre être, faire, penser et ressentir?”
“Comment puis-je être aidé en aidant?”
La sérénité survient lorsque cesse en nous le rejet des parties de nous-mêmes que nous avions désertées parce que nous ne les acceptions pas. 
Le bonheur résulte avant tout d’une mise à jour de notre façon d’aborder la vie, du réglage de notre horloge psychique sur le temps universel du moment présent.

Aujourd’hui, je vis à l’heure de la réalité.

Résonance

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Résonances partagées

Paul-Eau

Il y a dans ce texte une vérité à la fois simple et profondément éclairante : j’ai longtemps passé une grande partie de ma vie à courir après quelque chose qui ne se trouvait pas là où je le cherchais.

Aujourd’hui, cette image de la “montre psychique” me parle autrement. Elle ne me juge pas. Elle ne condamne ni mes errances, ni mes illusions passées. Elle me rappelle simplement le décalage que j’ai connu… ce léger déphasage entre ma vie intérieure et la réalité du moment présent. Et c’est en le reconnaissant que quelque chose s’est ajusté.

J’ai souvent cherché le bonheur comme un objet extérieur : une récompense, une condition, une promesse future… “quand j’aurai ceci”, “quand je serai cela” … Et pourtant, la vie était déjà là, discrète, imparfaite, mais pleinement vivante.

Aujourd’hui, je ne cherche plus de la même manière. Je me rapproche de moi-même. J’apprends à ne plus fuir certaines parts de moi, à accueillir ce qui, autrefois, me semblait inacceptable. Et je sens combien cela change tout : quelque chose s’est apaisé en moi. Je ne lutte plus contre moi-même.

Je découvre aussi, concrètement, que je suis aidé en aidant. Que le bonheur ne s’accumule pas, mais circule. Dans les groupes d’entraide, cela prend tout son sens : ce n’est pas en devenant parfait que je trouve la paix, mais en devenant vrai.

“Vivre à l’heure de la réalité”… aujourd’hui, cela signifie pour moi être présent à ma propre vie. Ne plus être en retard, ni en avance. Être là, simplement.

Et dans cet alignement discret, presque silencieux… je peux dire que le bonheur est là.

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