Nous ne sommes pas complets si nous avons répudié l’enfant en nous. L’accueil de l’enfant intérieur implique que nous examinions clairement le genre d’enfance que nous avons eue, que nous en résolvions les conflits et blessures et que nous émergions de ce travail de restauration en affirmant l’existence indestructible d’un enfant qui perpétue en nous la vitalité et la spontanéité propre à cet âge. Il ne s’agit absolument pas d’un refus de grandir; bien au contraire, le refus de grandir se trouve dans l’enchâssement hermétique de l’enfant que nous avons été et de son histoire. Nier l’enfant en nous fait de nous des êtres de remplacement plutôt que des extensions, des non-enfants plutôt que des adultes.
L’enfant en nous est une source permanente de sagesse et de créativité. La sagesse, on le dit fort bien, sort de la bouche des enfants. Le sage à qui l’on demandait ce qu’il fallait faire pour accéder au “royaume” répondit simplement en montrant du doigt un groupe d’enfants et en nous invitant à “devenir comme eux”. Le retour de l’enfant en soi n’est rien de moins qu’une re-naissance. Une chatte se prépare à avoir ses petits en cherchant un endroit favorable, loin du bruit et dans une demi-obscurité accueillante. Notre renaissance requiert aussi que nous sachions la préparer. La mise au monde d’un enfant bien qu’étant un événement intime ne se fait pas dans la solitude. Nous avons besoin de l’aide et du réconfort d’amis soigneusement choisis tant pour en partager les joies que les peines. Une naissance comporte en effet sa part de séparation et de deuil.
Aujourd’hui, j’affirme l’enfant en moi.
Résonance
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