La souveraineté est l’exercice d’une autorité indépendante, qui échappe au contrôle d’un organe supérieur. Toute compulsion est une perte de souveraineté. Lorsque nous fermons les yeux en niant les aspects de la réalité que nous ne voulons pas voir, notre déni n’est pas un acte « souverain », il est au service des compulsions et de la peur sous-jacente auxquelles il permet de poursuivre leurs ravages. Nous nions pour toutes sortes de raisons et à l’aide de toutes sortes de rationalisations. Les tabous sont aussi parfois une forme de déni. Croyances collectives, ils rendent légitime l’adoption ou le rejet de certains comportements sans que nous ayons à en prendre la responsabilité : « cela ne se fait pas » est une explication bien plus facile que « je n’ai pas le courage de le faire ».
Pour regagner notre souveraineté, le paradoxe illustré par la sagesse des Douze Étapes est qu’il nous faut d’abord abandonner l’illusion de notre autonomie. Nous sommes interdépendants, non seulement à l’intérieur de l’espèce humaine, mais à l’échelle du cosmos tout entier. Faut-il un trou plus grand dans la couche d’ozone qui nous protège pour nous le rappeler ? Ce n’est que sur la base de notre appartenance que notre souveraineté prend un sens. C’est une souveraineté de participation plutôt que de domination, la seule qui nous permette de fermer « souverainement » les yeux pour voir ce qu’on ne voit bien qu’avec le cœur, « l’essentiel » dont parlait le renard au Petit Prince qui venait de l’apprivoiser.
Résonance
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