Le mot presser signifie écraser, contraindre, tourmenter, persécuter. Il a souvent été démontré que les conducteurs qui confondent l’autoroute congestionnée avec une piste de course n’arrivent à leur destination que quelques minutes avant ceux qu’ils doublent au risque de leur vie. Certains n’arrivent que beaucoup plus tard, en ambulance ou dans un cercueil.
La conduite de notre vie quotidienne n’est pas sans ressembler à celle des impatients de l’autoroute. Nous fonçons avec entêtement vers des destinations illusoires sans réaliser que la seule que nous atteindrons jamais est celle où nous sommes déjà. “Je suis” et “j’y suis” devraient être synonymes. L’impulsivité et l’impatience sont les obstacles qui nous empêchent d’arriver à destination. Sogyal Rinpoche, leader spirituel tibétain, explique notre empressement à nous rendre “ailleurs” par le fait que, la plupart du temps, il n’y a personne “chez nous”. Un des plus gros malheurs qui puisse arriver à quiconque se presse vers l’illusion est d’arriver à destination. À la pression succède alors la dépression.
“Hâtez-vous lentement” est une maxime fréquemment reprise par les sages. Elle invite à ne pas traîner sans pour autant se précipiter. Nous mettons cette sagesse en pratique en emboîtant le pas au présent.
Aujourd’hui, je n’ai pas le temps d’être pressé.
Résonance
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