La recherche de l’amour a peu de sens si nous ne sommes capables d’en donner. Cela reviendrait à exiger des autres ce que nous ne sommes pas capables d’offrir et à nous déclarer d’emblée inférieurs à eux. Si nous pensons être inférieurs à eux, nous sommes incomplets et l’expérience que nous faisons de leur amour est forcément aussi incomplète. Comme l’affirme avec humour le psychiatre américain Scott Peck, “l’amour inconditionnel de la mère pour son enfant ne dure probablement que jusqu’au jour où le bébé commence à lui répondre !” Ce que nous appelons amour inconditionnel se résume trop souvent à un échange de bons procédés. “Je te gratte inconditionnellement le dos en espérant que tu grattes bientôt le mien.” Si la faveur n’est pas retournée, nous passons de l’amour à l’hostilité.
La plupart de nos relations comportent un élément d’échange et d’interdépendance. L’énergie sacrée de l’amour transcende toutefois cet échange. Le détachement préconisé dans notre programme de rétablissement n’est rien d’autre que le réapprentissage de l’amour inconditionnel. C’est l’art de ne pas confondre les individus avec leur comportement et de ne pas cesser de les aimer sous prétexte qu’ils ne se conforment pas à nos exigences. L’amour inconditionnel exige parfois, pour être viable, que nous nous soustrayions aux conditions posées par les autres. “Je te quitte” est compatible avec “je t’aime” et en est parfois la conséquence. L’amour inconditionnel commence par soi-même. C’est probablement le sens des mots attribués à Jésus de Nazareth : “Vous aimerez votre prochain comme vous-même”. Plutôt qu’un ordre, voyons-y une constatation.
Aujourd’hui, je n’abuse pas du verbe aimer.
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