Ce proverbe signifie littéralement « bien travaille qui purifie son enfant » et fait allusion à la promotion de ce qui est pur et bon. Il a malheureusement évolué vers sa forme mieux connue de « qui aime bien châtie bien ». La corruption du sens original du mot châtier (du latin « castus », pur, comme dans « un style châtié ») fournit ainsi un alibi à bien des abus habituellement excusés par la formule faussement généreuse « c’est pour ton bien ». Le « châtiment » physique a usurpé la place de ce qui se voulait purification et raffinement et son usage a fini par légitimer des gestes de punition corporelle injustes et malsains. On sait aussi que l’auteur des abus d’aujourd’hui est généralement la victime des abus d’hier. Sans minimiser ni exagérer ce qui s’est passé dans notre enfance, le reconnaître et comprendre le contexte où cela s’est produit sont deux étapes importantes vers l’élimination des ressentiments que nous pouvons encore cultiver à cet égard.
Si les groupes d’entraide constituent un milieu favorable à l’identification par l’autorévélation, ils sont avant tout des milieux d’expérience et d’action. C’est en effet par l’action que nous changeons. Entre le discours outré sur l’abus dont nous avons pu être victimes et la libération que nous procure le pardon se situe l’expérience patiente des émotions qui accompagnent la transition. On ne saurait pardonner ce qu’on ne ressent pas. On ne saurait non plus pardonner sans l’expérience du deuil. Sans complaisance, mais sans répression, nous parcourons, dans l’entraide, le chemin difficile de l’actualisation de nos émotions.
Résonance
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