Se croire différent est un des piliers de l’isolement que nous cultivons souvent sans réaliser que sa fonction première est de nous protéger des autres. Il est, en effet, plus honorable de se dire qu’on est différent, voire supérieur, que d’admettre qu’on a peur.
La démarche fondamentale de l’entraide est fondée sur l’inverse de l’isolement, c’est-à-dire sur l’identification. Pour beaucoup d’entre nous, le premier choc de notre rétablissement est d’entendre raconter « notre histoire » par quelqu’un d’autre. Le partage de notre vérité intérieure est, en effet, une étape essentielle dans la défaite d’un ego répressif. Tant que nous insistons sur les différences, nous nous privons d’une vision globale de notre existence et, interrompant le flux d’énergie qui nous relie les uns aux autres, nous fragmentons ce qui ne fait qu’un. L’unité qui se révèle dans l’entraide n’est pas une négation de l’individualité. Au contraire, elle la renforce. L’individu qui assume son appartenance connaît mieux sa propre identité que lorsqu’il se cache derrière une personnalité défensive. Il se développe, grandit, s’épanouit, libéré d’une cuirasse égocentrique qui le condamnait à l’immobilisme et à la sclérose. Notre rétablissement est, en ce sens, une entreprise de démolition.
Résonance
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