La seule liberté dont nous disposions, et elle est considérable, est dans l’instant présent. Elle est considérable car nous traversons une quantité phénoménale d’instants présents et à chacun de ces instants, la variété des choix d’action et de pensée qui s’offrent à nous est virtuellement infinie. Malheureusement, nous en perdons souvent conscience. C’est le cas, en particulier, lorsque certains souvenirs nous empêchent d’être totalement disponibles à la réalité présente. L’enfance est un événement dont nous devons disposer de façon appropriée pour jouir de notre liberté d’adultes. Lorsque la transition entre l’enfance et la vie adulte est harmonieuse, il est justifié de parler de croissance. Pour beaucoup, la transition est problématique du fait de conflits ou de traumatismes non résolus, et une phase de rétablissement doit précéder la croissance. C’est dans cet esprit que nous faisons parfois une recherche sur notre famille d’origine, car l’enfance mal enterrée devient un lourd boulet qui nous empêche d’avancer. Pour d’autres, l’enfance semble, au contraire, un aiguillon qui les propulse dans l’imaginaire d’un futur qui reste hors d’atteinte. Le drame est le même, qu’on vive en deçà ou au-delà du présent.
Notre programme de rétablissement requiert que nous accueillions l’enfant en nous tout en faisant le deuil d’une enfance qui ne reviendra pas. Nous cessons de nous agripper au passé tout en reconnaissant qu’il nous permet, aujourd’hui, de mieux vivre le présent. Nous éprouvons de la gratitude pour l’esprit inventif de l’enfant qui l’a traversé et de la tristesse pour l’abandon dont il a pu souffrir, en particulier de notre part. Nous sommes cet enfant.
Résonance
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