La tragédie est une forme d’expression théâtrale décrivant la vie de personnages célèbres de la légende ou de l’histoire et dont le destin, raconté de façon dramatique, provoque en nous la compassion, la pitié ou la terreur. Sans minimiser la part de souffrance qui nous échoit et que nous ne pouvons ni comprendre ni éviter, nous devons nous assurer de ne pas la glorifier au point de ne plus avoir accès à la joie. Nous connaissons certainement des martyrs qui, en guise de bonjour, nous informent de leurs derniers déboires, de leurs problèmes de santé, du beau temps qui ne va pas durer, sans compter tout ce qui a failli arriver et ce qui, si rien n’est fait, va sûrement arriver. Peut-être même faisons-nous partie de leur confrérie. Notre première priorité est donc de ne plus être comptés dans leurs rangs et de ne pas nous abreuver à leur fontaine de malheur.
Un examen des récriminations que nous avons envers la vie aura vite fait de nous montrer qu’elles manifestent un refus d’accepter ce que nous ne pouvons changer. Méditons alors sur le premier vers de la prière de la sérénité: “Mon Dieu, donnez-moi la sérénité d’accepter ce que je ne peux changer…” Le deuil des pertes et des souffrances qui ont marqué notre destin est un passage vers la sérénité. Les chants désespérés sont, sans aucun doute, parfois sublimes; le chant du rossignol l’est aussi, celui d’un enfant qui fredonne sa première poésie l’est également. Quant au silence, il est parfois exquis. À trop amplifier les uns, nous nous privons d’apprécier toute la richesse du concert de la vie.
Résonance
Si cette feuille a fait naître en vous une pensée, une émotion ou un écho, vous pouvez la déposer ici, simplement. Cet espace n’est pas un lieu de débat, mais un lieu de partage discret et respectueux.