Le sentiment qui préside à notre vie spirituelle est fort semblable à celui qui, pendant des années, a présidé à nos compulsions. Nous avions faim et soif d’absolu, de dépassement. La soif d’infini nous a conduits à une variété presque infinie d’artifices et de tentatives d’évasion de soi, toutes vouées à l’échec. Le changement qui a mis fin à notre autodestruction est qu’au lieu de chercher à capter l’infini ou même littéralement à l’ingurgiter, nous avons découvert que nous en faisions partie et qu’il suffisait d’y assumer notre rôle. Ainsi a commencé la croissance de notre spiritualité.
En portant sur chaque instant un regard neuf, nous épargnons l’énergie des comparaisons, des attentes et des déceptions. Notre maxime “un jour à la fois” doit être comprise en ce sens. Elle nous redonne quotidiennement la pleine jouissance de notre capital de liberté. Nous n’avons pas à aimer toute réalité qui s’offre à nous pour l’accepter. Ainsi, le jour où nous avons admis que nous étions impuissants devant nos compulsions, nous n’avons pas aimé la réalité à laquelle nous étions confrontés. En fait, elle nous répugnait. Notre acceptation dans la répugnance a pourtant marqué le début de notre rétablissement.
Résonance
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