Nous associons généralement l’instinct à un automatisme biologique qui permet à l’animal de s’adapter aux circonstances alors que nous nous réservons le privilège exclusif de l’intelligence et de la raison. Sans nécessairement remettre en question le titre d’homo sapiens, il est important de le justifier, s’assurant que les automatismes avec lesquels nous faisons face à certaines situations sont effectivement conformes à la raison. Il y a dans tout comportement autodestructeur une contradiction fondamentale avec l’instinct de survie et, tout comme nous cherchons à comprendre pourquoi certains grands mammifères marins semblent s’échouer délibérément sur nos côtes, il serait bon que nous nous interrogions aussi sur nos propres tendances à l’autodestruction.
Notre rétablissement commence par l’admission d’une part de déraison dans certains de nos comportements et une disponibilité d’esprit pour un retour à la raison. Les compulsions qui entravent notre sérénité se sont forgées au feu d’interactions qui échappaient à notre contrôle et où d’autres apportaient leur part de déraison. Leur seul bénéfice était de nous éviter la vulnérabilité que nous appréhendions. Leur démantèlement se fait par une immersion volontaire dans un milieu où la vulnérabilité est non seulement acceptable mais très généreusement récompensée. Les Douze Étapes et les Douze Traditions condensent une sagesse sans âge et guident une multitude dans la tâche ardue de mettre fin aux habitudes qui les détruisent. À l’école, nous retenions souvent nos questions par peur que l’on découvre les limites de nos connaissances. En joignant l’entraide, nous avons résolu de ne plus faire semblant de savoir vivre, mais d’apprendre.
Aujourd’hui, j’apprends.
Résonance
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