Dix-huit novembre

Pardonner, c’est abandonner l’espoir d’un passé meilleur.

— Auteur inconnu

    Le ressentiment équivaut au fantasme de pouvoir changer le passé. Nos rancunes sont souvent assorties de conditions. C’est le prix que nous exigeons pour “lâcher prise”. “Je ne lui reparlerai jamais s’il ne me présente pas des excuses.” Le problème dans une telle attitude n’est pas d’avoir décidé de ne plus fréquenter quelqu’un, décision qui peut même assainir notre entourage. Il réside dans le mobile qui, loin d’être un désir d’assainissement, en est un de fermeture, de repliement sur soi. Le ressentiment est une toxine qui consume notre énergie aux dépens de l’énergie créative, un rétrécissement de soi. Il implique aussi l’illusion que nous avons le mandat et les qualifications requises pour juger, condamner et punir les autres.

   S’il est important que nous cessions de fréquenter quelqu’un, offrons-nous la clarté d’une décision inspirée par le respect de soi plutôt que par l’amour-propre. Nous aurons cette assurance si nous avons d’abord pardonné. Quelles que soient ses modalités, le pardon est une occasion de fidélité envers soi, de dépassement de soi et de croissance. Nous pouvons même y ajouter le luxe de la gratitude envers celui ou celle qui, en nous offensant, nous a procuré cette occasion. Confrontés à la difficile tâche de l’accepter, nous débouchons sur la reconnaissance envers notre passé.

Aujourd’hui, je suis reconnaissant envers mon passé.

Résonance

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