Comme le poète qui se lamente sur le navire déserté de son coeur, n’avons-nous pas aussi été victimes des pirates que sont les névroses héritées de notre milieu familial ou de notre réaction à ce milieu? Le monde imaginaire des idéaux auxquels nous nous accrochions comme à des planches de salut a souvent pris des allures d’irréel et nous nous sommes parfois demandé si la vie elle-même n’était pas un grand rêve. Nous avons longtemps continué à croire que les pirates d’hier étaient toujours sur le point d’attaquer notre navire à la dérive et nous sommes restés retranchés aux postes de combat, déterminés à défendre les vestiges de notre précieuse cargaison jusqu’à la mort.
“La guerre est finie!” nous a-t-on crié de vaisseaux amis, mais nous n’en avons d’abord rien cru et comme ces soldats japonais découverts en armes dans la jungle des Philippines des dizaines d’années après l’armistice de la Deuxième Guerre mondiale, nous avons continué à défendre les fortifications de notre coeur blessé. “La guerre est finie!” nous a-t-on murmuré de nouveau à l’oreille… et nous avons ouvert les yeux au milieu d’un groupe d’inconnus parlant de paix, de liberté et de sérénité. Peu à peu, nous avons compris que le cauchemar était fini. Il faisait grand jour au milieu du cercle de l’entraide et nous avons réappris à marcher dans la lumière.
Aujourd’hui, je dépose les armes.
Résonance
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