On raconte l’histoire d’un homme à qui on faisait visiter l’enfer et le ciel. L’enfer était une immense salle de banquet où les tables regorgeaient de nourriture mais où les convives étaient atteints d’une difformité: leurs avant-bras, trop longs, les empêchaient de porter les aliments jusqu’à leur bouche. Ils mouraient donc de faim devant les tables du festin. Le ciel se présentait de façon rigoureusement identique; les tables, les aliments, les avant-bras trop longs des convives, tout ressemblait à l’enfer. Les convives, cependant, y étaient radieux et profitaient du festin: Ils se portaient la nourriture aux lèvres les uns des autres.
Le premier mot de la première Étape est “Nous”. Nous avons admis que nous étions impuissants devant nos compulsions. La sagesse des Douze Étapes tient compte du fait que nous n’avons généralement pas le courage d’admettre, seuls, la défaite de notre égocentrisme. Un des paradoxes de l’entraide est de faciliter, par l’appartenance, l’émergence d’une individualité mieux définie et capable de relations où le “Nous” est un rehaussement du “Je”. J’ai remporté la victoire parce que nous avons admis avoir été battus. Nous avons remporté la victoire, parce que j’ai capitulé.
Aujourd’hui, l’appartenance rehausse la qualité de ma vie.
Résonance
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