Le rétablissement qui prend place dans l’entraide est un apprentissage de la différence entre ce qui relève de notre responsabilité et ce qui n’en relève pas. C’est une porte qui s’ouvre sur l’exercice du libre choix. Le mot liberté figure dans bien des hymnes nationaux et sur bien des pièces de monnaies, mais les exigences qu’il implique ne jouissent pas d’une aussi grande popularité. Manipulation, fantasmes, irréalisme, compulsions, déni et obsessions sont incompatibles avec l’exercice de la liberté personnelle. On ne saurait être libre lorsque l’on refuse de reconnaître une partie de soi-même ou de la réalité ambiante, même si cet abandon de soi est travesti en prétendue liberté. La répression n’est pas compatible avec la liberté et on n’est libre que lorsque l’on est entier. La compréhension que nous avons de certaines lois de l’univers ne doit pas nous empêcher d’accepter la part de réalité que nous ne savons expliquer. Les avions volent parce que nous acceptons la gravité et savons mieux l’utiliser que l’expliquer. L’électricité circule dans nos appareils électriques parce que nous acceptons l’énergie et savons l’utiliser et la transformer sans pour autant en comprendre la nature profonde.
Le refus d’accepter les limites de notre pouvoir face aux compulsions est un refus de la liberté d’accepter ce que nous ne pouvons changer. Comme le jardinier qui fait confiance à la terre lorsqu’il y dépose ses graines et plants fragiles, notre rétablissement commence par la mise en terre des semences de notre liberté. Mettre en terre est à la fois un rite d’enterrement et un rite de printemps. Tous les épanouissements de l’été ont un jour commencé par des enterrements.
Aujourd’hui, je mets en terre les racines de ma liberté.
Résonance
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