On raconte l’histoire de cet homme qui se frappait régulièrement la tête avec un marteau parce que, disait-il, cela lui faisait beaucoup de bien quand il arrêtait. Se préparer au pire pour éprouver un soulagement au cas où le pire ne se produirait pas relève pratiquement de la même logique. Que dirions-nous de mériter un jour comme épitaphe : « Ci-gît un homme qui a vécu sur ses gardes. Il a passé sa vie les rideaux fermés et les armes à la main. Rien ne lui est arrivé. »
La pensée positive est une décision que certains ne prennent qu’après avoir frôlé la catastrophe. L’expérience de l’impuissance, qu’elle soit faite dans le « bas-fond » du toxicomane, sur le lit d’hôpital de l’accidenté grave ou du malade chronique, ou dans la confrontation de l’esprit analytique avec la complexité et le mystère, produit parfois le déclic qui amène un individu à s’engager sur la voie de l’optimisme. Le réveil spirituel dont parle la douzième Étape est éminemment relié à la décision d’embrasser la vie lorsqu’on réalise la futilité de lui résister. Il est regrettable que nous façonnions tant de souffrance de nos propres mains avant de nous apercevoir que ces mêmes mains peuvent aussi servir à caresser et à donner.
Résonance
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