Vingt-deux novembre

Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage.

— Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière

   Le mot blâmer vient d’une contraction du mot blasphémer qui signifie prononcer des paroles de mauvais augure. Il a la même racine que le mot “fable”. Chaque fois que nous recourons au blâme, nous tentons de faire porter à d’autres le poids d’une blessure ou d’un conflit intérieur que nous refusons d’assumer. Reconnaître une blessure ne signifie nullement que nous l’approuvions. L’agresseur est responsable de son agression, l’agressé l’est de sa guérison.

   Une des principales difficultés de notre rétablissement consiste à réexaminer la perception que nous avons des limites de notre pouvoir et de celui des autres. Il y a abus de pouvoir chaque fois que nous accordons aux autres un pouvoir qui ne leur revient pas. Nous sommes les victimes de cet abus lorsque nous recourons au blâme. Il est souvent plus facile de blâmer que d’avouer qu’on a mal. Cela explique peut-être que les proverbes semblent vanter plus souvent les vertus de la vengeance que celles du pardon. La tradition persane nous en propose un qui fait exception : “Il y a dans le pardon un plaisir que l’on ne retrouve pas dans la vengeance.”

Aujourd’hui, ma puissance a des limites, je ne la dilapide pas dans le blâme.

Résonance

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