Le vieux précepte nous invitant à nous tourner sept fois la langue dans la bouche avant de parler est, pour l’impulsif, l’équivalent d’un supplice. La personne impulsive ressemble à une sentinelle nerveuse qui tire à vue sans faire de vérification d’identité. Combien de fois avons-nous regretté tel geste irréfléchi posé dans le feu de l’action ou tel mot blessant inséré au milieu d’une conversation? L’impulsivité est une réaction et non une spontanéité libre. Les compulsions qui font de nous des impulsifs dépassent les forces de notre volonté.
Vaincre l’impulsivité requiert une certaine ingéniosité. Les solutions pratiques échangées dans l’entraide consistent presque toujours à gagner du temps. Telle lettre cinglante écrite sous l’impact de la colère sera postée demain et passera la nuit chez nous au lieu de la passer dans une boîte à lettres où personne ne la lira de toute façon. La nuit porte conseil. Un adulte dont la codépendance se traduisait par des factures de téléphone faramineuses racontait avoir fait un jour le serment devant les forces suprêmes de l’univers et devant ses amis dans l’entraide que s’il appelait de nouveau le partenaire dont il voulait se détacher, il avouerait publiquement que sa volonté de se rétablir n’était pas sincère. Un mois plus tard, il annonçait radieux que le mois écoulé avait été le plus difficile de sa vie, qu’il avait connu l’équivalent émotionnel du délirium tremens, mais que l’impulsivité dans ce domaine l’avait quitté.
Aujourd’hui, si l’impulsivité frappe, je la ferai attendre.
Résonance
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