Certains d’entre nous ont connu le règne impitoyable de troubles compulsifs et la faillite financière, physique, morale, affective et spirituelle. Nous pensions que la vie, telle que nous la connaissions, ne valait pas la peine d’être vécue. Nous avions perdu toute interaction constructive avec les autres et nos relations étaient limitées aux échanges superficiels et manipulateurs que nous entretenions avec ceux qui partageaient, parfois sans le savoir, nos activités compulsives préférées. Nous étions passés du statut d’êtres humains libres à celui de polichinelles contrôlés par les fils invisibles de nos dépendances.
Se rétablir, c’est couper une à une les ficelles d’un pantin et les remplacer par un rayonnement qui vient de l’intérieur. Même si les Douze Étapes commencent par une admission d’impuissance, elles suggèrent aussi l’action, à commencer par les gestes concrets qu’implique le mot “Nous” qui ouvre la première Étape. Le passage concret du “je” isolé au “Nous” d’une humanité pleinement assumée résume à lui seul la transformation qui s’accomplit dans l’entraide. Notre souveraineté dans l’appartenance doit être réaffirmée chaque fois que nous sentons se tendre les ficelles d’un polichinelle qui s’anime dès que nous renonçons à user de notre liberté.
Aujourd’hui, mes liens avec les autres ne sont pas des entraves.
Résonance
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