L’intimité est le degré de proximité de deux individus exerçant pleinement leur juridiction sur les frontières de leur personnalité. La perméabilité contrôlée des frontières ne signifie pas la perte de souveraineté territoriale. L’autorévélation est un des domaines où le problème de la gestion des frontières individuelles se pose couramment, surtout dans l’entraide où elle joue un rôle prépondérant. Il est important de distinguer les faits des pensées et des émotions, car le degré d’autorévélation qui s’applique aux uns est indépendant de celui qui s’applique aux autres.
L’objectif de notre rétablissement est de devenir humain à part entière et c’est en affirmant la partie supprimée de soi que l’on y parvient. On ne se révèle généralement pas avec le même détail au niveau des faits devant un groupe ou devant un microphone enregistreur qu’en présence d’un ami intime ou d’un confident. Le critère qui détermine la forme que prend l’autorévélation est le même que celui qui justifie notre présence dans l’entraide : la découverte de soi dans la sécurité. L’oublier au nom d’un enthousiasme ou d’une tendance à la bravade, c’est s’exposer à la répétition des blessures mêmes que nous essayons de réparer. L’intégrité au niveau des émotions est la clé qui rend l’autorévélation efficace. Le membre qui avoue sa nervosité ou admet sa confusion bénéficie tout autant de s’être ainsi révélé que celui qui y va d’une histoire racontée avec humour et confiance. Au-delà des mots échangés, s’exprimer pleinement et se réaliser en tant que personne est la façon ultime dont chacun est révélé à son entourage.
Résonance
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