L’un des bénéfices inattendus de notre rétablissement est la faculté de « rêver » sans trahir pour autant un réalisme qu’il nous a tant coûté de réinstaurer dans notre vie. Comment, diront certains, est-il possible de prôner le rêve lorsque tant de désastres et de souffrance sont reliés, dans notre passé, au fait d’avoir vécu dans un monde imaginaire ? Le rêve et l’imagination dont il est question ici ont leurs racines bien ancrées dans une solide connaissance de soi. Ils relèvent davantage de l’intuition et de l’ouverture au possible que de la fuite. Les fantasmes et la folie des grandeurs sont des refuges tant que notre perception de la vie est dictée par des moules répressifs dont ils nous donnent l’illusion de nous échapper.
En sortant de ces moules et en découvrant la forme qui nous convient le mieux, nous pouvons rêver sans compromettre notre intégrité et sans remettre en question la pratique du détachement. Nos rêves ne sont plus des obsessions autour desquelles nous recommençons à tisser le cocon de la codépendance ; ce sont des actes de foi en la vie, des affirmations anticipées qui, pour sincères qu’elles soient, n’en restent pas moins ouvertes à la part d’inconnu que le destin nous révèle un jour à la fois. Notre charte des droits comporte celui de changer d’avis et de changer de rêve. Le chemin de nos rêves nous amène à des croisées où nous pouvons opter pour la direction qui semble nous permettre de mieux nous réaliser. Le rêve nous sert d’inspiration, de phare lointain grâce auquel nous nous dirigeons tout en continuant d’observer la mer, de suivre les vents et d’éviter les écueils. Un phare n’est pas une destination, c’est un jalon dans la nuit.
Résonance
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