Comme toute expression concise, les maximes utilisées pour résumer les grands principes mis en œuvre dans les Douze Étapes comportent un risque d’ambiguïté et peuvent conduire à des interprétations contradictoires. Par exemple, il est tentant d’utiliser la maxime « Lâcher prise et s’en remettre à Dieu » afin de justifier l’inaction et l’irresponsabilité.
Comment alors affirmer que les Étapes représentent un programme d’action? L’ambiguïté vient de ce que l’action prônée par les Étapes en est une de concertation plutôt que de domination. Elle s’inspire d’un effort systématique d’harmonie avec une puissance supérieure qu’il nous appartient de rejoindre, l’action égocentrique nous en ayant séparés. Certains réintègrent l’harmonie universelle en étant réceptifs à l’inconscient collectif, d’autres écoutent un Dieu traditionnel, d’autres encore un « Super Moi » idéal, d’autres enfin laissent parler l’enfant divin en eux. Qu’importe le symbole ou l’imagerie, l’essentiel est de ne point asservir notre vie aux mécanismes de résistance et d’attachement qui nous ont pratiquement conduits à notre perte. Le paradoxe est qu’il nous faut à la fois « vouloir » lâcher prise et « cesser de vouloir » résister à la Vie. La volonté de résistance fait place à une volonté profonde d’appartenance et de collaboration. L’action harmonieuse qui résulte de cette transformation a si peu en commun avec l’action, au sens que nous donnons habituellement à ce mot, que, pour reprendre les paroles du Tao Te Ching, « Le Maître agit sans actes et s’exprime sans mots ».
Résonance
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