La formule connue sous le nom de Prière de la Sérénité a été attribuée à divers auteurs, notamment à Cicéron, Marc Aurèle, Boèce, Aristote, saint François d’Assise, saint Thomas d’Aquin, Spinoza et Reinhold Niebuhr… Elle a été adoptée avec quelques changements par les Alcooliques Anonymes à la suite de sa publication dans une annonce de décès parue dans le New York Herald Tribune en 1942. Elle y avait probablement été inspirée par la formule de Niebuhr, très populaire pendant la Deuxième Guerre mondiale.
La racine latine du mot « prière » est la même que celle du mot « précaire», ce dernier décrivant un état instable, temporaire, pouvant être remis en question d’un instant à l’autre, et qui incite à demander de l’aide. Face à la précarité de notre condition humaine, nous invoquons parfois une Puissance Supérieure dans l’espoir que les événements s’adaptent à notre volonté. Les maîtres spirituels nous invitent plutôt à prier pour demander la sagesse de reconnaître le chemin de la meilleure réalisation de soi et la force de le suivre. La prière est une admission d’incertitude quant à la façon d’être aussi fidèles que possible à notre plein potentiel. Accepter ce qui échappe à notre contrôle nous permet de nous consacrer à des tâches constructives et réalistes. La sérénité reste inaccessible tant que nous refusons d’accepter ce que nous ne pouvons changer, y compris notre propre passé et tout ce qui relève du libre arbitre ou de la destinée d’autrui. Dans la Prière de la Sérénité, nous demandons la sagesse de savoir prendre les décisions qui contribuent à rétablir notre intégrité et à nous réaliser pleinement.
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