Nous avons peut-être été de ceux qui trouveraient la terre plus belle si elle n’était habitée par la race humaine. Dans la même ligne de pensée, nous nous serions contentés, lors de nos premières réunions, d’un bon livre ou d’un film sur la maladie de notre conjoint ou la dysfonction de notre famille d’origine plutôt que d’avoir affaire à tous ces inconnus. Nous étions d’ailleurs bien décidés à leur fausser compagnie dès que nous aurions vérifié les quelques trucs qu’ils avaient peut-être à nous apprendre.
Il a fallu que les autres nous apprivoisent pour que nous devenions capables d’accepter la compassion qu’ils nous offraient. Nous n’avons commencé à sortir de notre coquille qu’en posant nous-mêmes le geste élémentaire de l’entraide qu’est l’écoute attentive. Écouter l’autre, c’est lui donner de l’attention. C’est aussi un geste qui nous unit au groupe où l’on écoute celui qui se confie. La retombée immédiate de l’écoute est dans ce qu’on entend. La disponibilité et le don sous toutes leurs formes ont des retombées instantanées et parfois insoupçonnées. La langue anglaise n’a pas l’équivalent du mot entraide et cela conduit à une ambiguïté fréquente suivant que l’on y utilise l’expression “self-help group” qui serait littéralement groupe d’autosoutien ou “mutual aid group” qui serait un groupe d’aide mutuelle ou réciproque. Dans l’entraide, les deux concepts sont indissociables, on s’aide soi-même instantanément en aidant les autres.
Résonance
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