Premier septembre

Rien ne me paraît plus faux que la vieille maxime socratique: Connais-toi toi-même. Le vrai moyen de connaissance serait plutôt: Oublie-toi toi-même.

— Paul Claudel

   La vérité, lorsqu’on croit la trouver, se dérobe souvent comme un rayon de lumière qu’on tenterait d’enfermer dans une boîte. On ne doit donc pas s’étonner de voir les sages eux-mêmes énoncer des principes apparemment contradictoires. Socrate nous dit: Connais-toi toi-même. Claudel proclame: Socrate a tort, il faut s’oublier soi-même. Une sagesse éclairant fréquemment l’autre, examinons cette contradiction apparente à la lumière des Douze Étapes.

   En admettant notre impuissance devant nos compulsions, en faisant un inventaire minutieux de notre personnalité, en faisant la liste des personnes à qui nous avons fait du tort, nous apprenons à nous connaître. En confiant notre volonté à une Puissance Supérieure, en lui demandant humblement de faire disparaître nos déficiences, en pratiquant la méditation et le service aux autres, nous apprenons à nous oublier. On ne saurait oublier ce que l’on ne connaît pas, pas plus qu’on ne saurait découvrir ou “re-connaître” ce qu’on n’a pas oublié. La réalisation de soi implique une succession de découvertes et d’oublis de soi. Socrate et Claudel avaient tous deux raison. De l’acceptation du paradoxe jaillit souvent la lumière.

Aujourd’hui, en m’oubliant, je me découvre.

Résonance

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