Nous avons connu de nombreux professeurs pendant nos années d’école et avions peut-être parmi eux nos favoris et nos bêtes noires. Atteindre un climat de paix intérieure au sujet des relations importantes de notre enfance fait partie de notre rétablissement. Il est une autre sorte de professeurs à qui nous devons plus que le goût des lettres ou de la science. Ce sont ceux qui nous ont éveillé l’âme. Parmi eux, ceux et celles qui nous ont accueillis sans jugement lors de notre arrivée dans l’entraide, battus par les circonstances et souvent en proie au désespoir. Quelle sorte d’élèves de la vie étions-nous alors?
L’irritabilité et la rigidité étaient parfois nos caractéristiques dominantes, les bastions de sensibilités écorchées et d’egos meurtris. Ils ont pourtant su nous inculquer, par leur exemple, la tolérance, la flexibilité et le détachement.
Nous avons puisé largement dans le vaste réservoir de sagesse des groupes d’entraide et nous avons la possibilité d’y effectuer un remboursement à notre façon. “Qui paie ses dettes s’enrichit”, dit le proverbe et c’est particulièrement vrai dans le contexte de la fraternité où nous avons trouvé nos racines. Ce faisant, nous réalisons très vite que le don de soi, s’il peut constituer un remboursement, est aussi une forme de don à soi-même. Aller vers les autres, c’est sortir son âme pour une promenade et lui offrir d’autres options que la réclusion dans l’angoisse. Se priver du souffle de vie disponible dans l’entraide serait se résigner à l’asphyxie.
Résonance
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