Depuis quelques années, une véritable industrie du rétablissement a vu le jour. Livres, magazines, cassettes audio et vidéo, épinglettes, vignettes autocollantes, ours en peluche, T-shirts, centres de traitement, croisières et centres de villégiature pour personnes sobres, conférences et ateliers sur l’entraide, pratiques “holistiques” en tout genre, restaurants et magasins d’alimentation végétarienne, organique et macrobiotique, la liste n’en finit plus et traduit l’existence d’un vaste besoin. Qu’on le veuille ou non, nous sommes consommateurs, même dans notre rétablissement!
Plutôt que de déplorer cet état de choses, nous pouvons, au contraire, y voir l’occasion de pratiquer le discernement et la modération en nous prévalant des ressources les mieux adaptées à nos besoins. Que cela ne nous fasse cependant pas oublier le but et l’essence du rétablissement qui sont d’instaurer la liberté et l’harmonie dans nos relations et non de nous confiner dans la dépendance de quelque pratique ésotérique obsessionnelle. Se rétablir est une démarche éminemment interactive qui exige le contact humain. L’écoute du nouveau qui se confie à sa première réunion d’entraide a plus d’impact que tous les traités de sagesse et de psychologie réunis. La disponibilité accrue des techniques thérapeutiques “psychocorporelles” est un progrès qui s’accompagne pour nous de la responsabilité de ne pas nous limiter au statut de consommateurs de thérapie. La relation d’entraide est foncièrement thérapeutique et offre l’avantage d’être libérée d’une dimension commerciale. Don mutuel entre partenaires libres, elle jette les bases d’une véritable révolution.
Résonance
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