L’enfant fait souvent l’expérience amère des promesses brisées. Lorsqu’elles deviennent trop fréquentes, il cesse tout simplement d’y croire et en conclut qu’il ne peut faire confiance à personne. Le prix que nous payons en continuant à réagir ainsi à une enfance pavée de bonnes intentions est l’isolement et le mal de vivre. Qui plus est, nous reprenons souvent, à notre tour, l’habitude de faire des promesses sans lendemain. “Je vais essayer d’arrêter de fumer, de boire, de manger de façon compulsive, de m’adonner à telle ou telle pratique autodestructive.” Beaucoup se contentent de ruminer une vague intention de vivre. Ne pas franchir le stade de l’intention est une promesse sans lendemain, un abandon de soi.
La sagesse des Douze Étapes nous suggère de ne pas essayer seuls de remplir nos promesses de mettre fin à nos troubles compulsifs. Nous sommes impuissants à cet égard et toutes les bonnes intentions du monde ne servent qu’à paver pour nous la route d’un enfer que nous avons déjà visité. Plutôt que de dresser la liste ambitieuse de ce que nous voudrions réaliser dans les dix prochaines années, nous vivons au rythme de nos réalisations quotidiennes. “Aujourd’hui, ici et maintenant, je fais ceci, je m’abstiens de cela, je me rends vulnérable le temps d’une réunion d’entraide, d’une confidence, d’un recueillement.” Le changement auquel nous aspirons n’existe que dans les actes que nous posons et non dans nos intentions de les poser. La tradition bouddhiste pousse l’abandon des intentions jusqu’à parler d’abandon de l’espoir, signifiant ainsi que l’attachement mental à l’avenir, sous toutes ses formes, est une illusion qui nous détourne de la seule réalité où nous puissions trouver la paix : celle de participer, dans le présent, à notre destinée.
Résonance
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