William Griffith Wilson est mieux connu sous le nom de Bill W., cofondateur des Alcooliques Anonymes. Son enfance est marquée de drames familiaux comme la séparation de ses parents et le décès de la jeune adolescente dont il était tombé amoureux pendant ses années d’école secondaire. L’auteur américain Ernest Kurtz raconte en ces termes l’histoire du premier succès de l’auteur des Douze Étapes: “J’ai lu de nombreux articles sur l’Australie, dit un soir son grand-père au jeune William, et personne ne semble savoir pourquoi les Australiens sont apparemment les seuls capables de construire des boomerangs.” Pendant les semaines qui suivirent, le jeune Bill se mit à l’oeuvre, dévora tout ce qu’il pu trouver sur la question et, six mois plus tard, demanda à son grand-père de le rejoindre dans le cimetière de la petite église. Brandissant alors un boomerang qu’il avait découpé dans une planche de son lit, le jeune garçon lança le boomerang, attendit immobile et le rattrapa au vol en s’écriant: “Je l’ai eu!” — “Mon petit William, s’exclama le vieil homme, tu es le premier Américain à réussir, le premier!”
Cette histoire préfigure de façon extraordinaire la manière dont opère l’entraide, composante de base du mouvement que Bill W. a contribué à fonder. On ne compte plus les fraternités qui s’en sont inspirées depuis. C’est en acceptant de donner de l’aide que l’on en reçoit et en acceptant de se perdre que l’on se retrouve. En mettant fin à notre attachement à la peur qui nous empêche d’exister, nous recevons la sérénité à laquelle le destin nous convie.