Vingt-huit mars

L’homme vit dont le nom est prononcé.
— Mythe de Ré et d’Isis (Égypte)

   “Bonjour, mon nom est Paul, je suis boulimique.” “Bonjour, Paul.” “Mon nom est Jeanne, je suis alcoolique.” “Bonjour, Jeanne.” “Mon nom est Jacques, je suis codépendant.” “Bonjour, Jacques.” L’identification des membres d’une réunion d’entraide peut sembler fastidieuse au nouveau qui appréhende le moment de s’identifier en annonçant son prénom. Les adultes ayant grandi en milieu émotionnellement répressif n’ont pas l’habitude d’entendre prononcer leur nom sans qu’une certaine angoisse y soit associée. Peu à peu cependant, force nous a été d’admettre le côté agréable d’être reconnus et salués par les autres.

   La prononciation de notre nom est le pont qui a d’abord relié appartenance et individualité. Notre vie a alors commencé à changer. Derrière des prénoms devenus familiers, nous avons découvert le paysage intérieur de ceux qui, comme nous, ont entrepris de se découvrir par la révélation aux autres. On ne se révèle en effet vraiment que dans le grand miroir de ses relations, pourvu que ce miroir ne soit ni terne, ni déformant. Le miracle de l’entraide commence par le rituel de la prononciation des noms d’hommes et de femmes qui, avec nous, revendiquent et célèbrent leur identité.

Aujourd’hui, mon nom est celui d’un ami.

Résonance

Si cette feuille a fait naître en vous une pensée, une émotion ou un écho, vous pouvez la déposer ici, simplement. Cet espace n’est pas un lieu de débat, mais un lieu de partage discret et respectueux.

Afin de préserver un espace de partage simple et respectueux, la longueur des messages est limitée à 1500 caractères, espaces comprises. Les liens URL n’y sont pas permis. Merci de rester dans l’esprit de la pensée du jour.
0 / 1500 caractères (espaces comprises)
Scroll to Top